Les arbres, la forêt, la vie, la conscience…

Lorsque j’étais enfant, j’étais fascinée par l’immensité verte et secrète qu’était la forêt amazonienne. Pour nombre d’entre nous, c’était un continent mystérieux, un poumon vert, un cœur planétaire inaltérable. Les océans étaient tout comme la terre : infinis. Le confort (que j’apprécie) puis l’excès de confort (pfff !) ont réduit les dimensions de la terre et font vibrer la planète au rythme de leurs accents exigeants et irréfléchis. Le territoire des forêts productrices devenues espaces de production d’huile de palme et autres « dégoulinures » de la surconsommation entre en résonance avec ce tempo meurtrier. Aurions-nous pris du retard avec notre civilisation du bien-être, nous qui plantons des arbres solitaires comme du mobilier urbain dans les coulures de bitume de nos villes et ne songeons même pas à les remercier pour l’ombre qu’ils nous procurent ? Nous avons peur, l’air se dessèche, les particules fines véhiculent des virus d’un nouveau genre, … les exploitants agricoles déversent du désherbant sur les engrais verts qu’ils ont planté à coup de subventions, la folie nous possède… mais, courage et espoir, elle est aussi l’espace de prise de
conscience !

Allongés sur nos matelas de latex nous rêvons : On raconte que les arbres communiquent entre eux. Il parait que les peuples autochtones savaient ce que nous n’avons jamais imaginé. Nous comprenons que les herbes folles sont belles, les arbres communiquent entre eux, les forêts génèrent la pluie, l’eau a une mémoire,… Notre planète est une entité, notre planète est planétaire, nous ne sommes pas le centre de l’univers et les humains font partie du vivant. Les plantes chantent, la vie est un tout, et tous nos sens en alerte. Merci la vie ! Nous marchons vers un nouveau monde que nous contribuons à bâtir et dont la construction passe par l’écroulement de quelques vieux murs de certitudes. Pour écouter le chant des plantes, une vidéo : https://youtu.be/TYHmBoMEElg

Photo : La ruine de Rome, ma préférée !

La Sagine

LA SAGINE est une vivace à feuillage persistant. Les sagines, souvent confondues avec des mousses, mais elles n’en sont pas !
LA SAGINE est une toute petite Caryophyllacée (quel nom !). Son nom « Sagine » sonne comme le mot « sagesse ». La sagine est petite, discrète, fine, elle se glisse quand même dans tous les espaces que le bitume n’a pas réussi à combler. Il en est ainsi de chacun de nous-mêmes. Nous avançons dans le bruit et la rumeur, perdus dans la foule et dans le vacarme de Facebook, et parfois l’on entend notre toute petite voix, aussi discrète que l’est la présence de la SAGINE.

En tant que conteuse j’aimerais être délicate comme la sagine mais aussi être une plante civilisée comme une rose élégante, et offrir un spectacle rondement mené et bien présenté à son public. Mais voilà que moi aussi je ressemble à une herbe folle. Je pousse à gauche, à droite, en un seul pas, je voyage de France en Espagne et je vais du « dent de lion »
au « diente de Leon ». Je dois reconnaître que je ne tombe jamais de mon petit tabouret !

Je suis comme chacun de nous tous, je voudrais être raffinée et discrète comme une sagine, tout en étant célèbre comme le pissenlit et bien organisée comme le sont toutes les plantes, mais je ne suis bien trop tête folle et je m’en veux.
Je conte et nous communiquons avec l’esprit des plantes et je rêve, tu rêves, nous rêvons, et le public est content, les plantes baptisées mais la conteuse aimerait tellement mieux faire ! Enfin, ça c’est humain… Je ne crois pas que le pissenlit ou la sagine portent jugement sur eux-mêmes !